© 2018 - Didier Reynaud

BiograVie à l'aube de mes 29 ans

Lorsque la trentaine approche, ce moment si particulier de la Vie, chacun devrait regarder son propre parcours et tenter de témoigner de son court passage sur cette Planète.

Je vais tenter de résumer les 10 dernières années de ma Vie dans les grandes lignes.

Le Bac en poche, je partais à New York visiter la ville qui ne dort jamais. J'ai pris conscience cette année là, que nous vivions dans un Monde incroyablement complexe, et que la terre d'un continent à un autre était la même. Quelque chose manquait déjà pourtant à mon esprit : l'Amour d'une personne avec qui je partagerais quelque chose, et la Joie de Vivre sans se soucier de l'insécurité sociale, sans souci de santé, sans peur de ne pas réussir, de ne pas y arriver. En bref, je n'étais pas né avec une cuillère en argent dans la bouche et je le savais bien. En fait tout a commencé par ces quelques clichés que je n'ai jamais ni retouchés, ni exploités.

De retour de New York, avec une conscience du Monde plus grande alors que je n'étais pas encore majeur (mes parents sont fous !), j'ai eu envie tout d'un coup de faire mille choses.

Depuis, c'est vrai que j'ai l'impression d'avoir déjà fait quelques trucs, ou tout du moins contribué à ma manière à tenter de changer des choses.

Là aussi, je réalise en écrivant ces quelques lignes (je sens qu'en fait il s'agira d'un roman !), qu'en fait je n'ai pas fait grand chose, que je ne me suis pas encore tout à fait réalisé autrement qu'en voyageant. 

Les projets, les jobs, les aventures artistiques, politiques même, sont restées éphèmères, bien que ces actions guident ma Vie au quotidien.

Alors pour changer le Monde, car j'ai cette prétention là que je juge plutôt noble, j'ai franchi le pas un jour, j'ai ouvert la porte d'une boutique de commerce équitable, Artisans du Monde, à quelques encablures de l'Hotel de Ville de  Saint Etienne, cité ouvrière, culture de football, qui a accueilli (pas toujours très bien certes) de nombreux migrants de ces premières vagues successives au sortir de l'après guerre et même avant. Ville qui a été connue pour être Armeville pendant la Révolution française... Ville où la rivière a été enterrée... Quartiers construits sur des Terrils hérités des mines de charbon, cités construites sur des marécages...

Ainsi, dans mon enfance et dans mon adolescence, j'ai cotoyé des personnes revendiquant une identité polonaise, italienne, espagnole, portugaise, puis algérienne, marocaine, tunisienne, parfois allemande, rarement asiatique, quelques fois d'Afrique subsharienne mais globalement la mixité était là. J'étais en revanche étonné de ne pas cotoyer de personnes d'origine GAY, car ça m'aurait beaucoup aidé mais non, à l'époque on restait dans notre petit placard et les caricatures diffusés à la télé sur ces sujets ne nous donnaient pas "envie" de le revendiquer ou d'en faire une fierté. 

Lorsque j'ai compris, à mon retour de New York, la Ville Monde, que je pouvais peut être un jour aller vivre ailleurs qu'à Saint Etienne, j'ai sauté sur l'occasion pour m'orienter dans le commerce international, puisqu'on me prédisait un avenir dans la vente dans un magasin de bricolage, j'argumentais que "l'international" quand même ça pourrait m'aider un jour.... J'en étais convaincu, mais jamais pour la raison première de mon départ de St Etienne. Je n'allais pas devenir un business-man, même si j'adorais la chanson au titre éponyme que vous pouvez écouter ici :

Le Blues du Business Man - Starmania
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Non, moi ce que je voulais, c'était a) apprendre le commerce international pour mieux pratiquer le commerce équitable et savoir ce qu'il fallait dénoncer réellement (c'est simple en 10 ans dans le commerce équitable je n'ai pas rencontré beaucoup de spécialistes du commerce international... allez savoir pourquoi...) et b) partir loin de Saint Etienne, pensant que j'allais rencontrer des personnes venant de ce pays qui ne figurait sur aucune carte : Homoland. J'étais plutôt Ziggy.

En réalité, j'ai mis beaucoup plus de temps que ça à assumer, car l'impact que cette découverte avait sur moi était trop fort, et puis j'avais peur, j'étais effrayé littéralement de passer dans une autre case, d'être assimilé aux clichés que les gens ont du monde Homo, qui est bien plus proche de la solitude et des tracas que de la fête à tout va (sauf si on est riche, on y revient!) et de l'idylle amoureuse exceptionnelle. 

Il m'a donc fallu partir à l'Est, d'abord Strasbourg, après la capitale Mondiale, j'allais vivre dans la capitale Européenne (et pour tout vous dire ça ne se ressent jamais à Strasbourg, c'est une sensation étrange, on a l'impression qu'il n'y a que "le siège (ou HeadOffice) d'un grand groupe qui parfois paralyse la Ville lorsque les délégations sont trop importantes, mais au quotidien on est dans la Capitale Alsacienne, dans cette ville qui a résisté aux uns et aux autres, qui a donné naissance à l'imprimerie, à la franc maçonnerie, aux compagnons en partie, et qui vit encore sous le régime du concordat, qui a le mérite d'avoir eu la bâtiment le plus haut du monde pendant quelques décennies.

Mais ce n'était pas assez à l'Est, alors, je décidais, sur une proposition folle de mon prof de commerce international de partir en Chine : ce cinquentenaire fan de l'As Nancy Lorraine a tout de suite eu des affinités avec moi puisque je venais moi aussi d'une région ouvrirère et de culture de football (en même temps j'ai avec l'expérience compris que la France se composait quasiment exclusivement de villes comme celles-ci...). À vrai dire n'a jamais bien compris pourquoi je suis parti de St Etienne pour Strasbourg (pourquoi pas Lyon, Montpellier, ou autre). Et ça même moi ne le comprends pas encore tout à fait, mais je ne le regretterai jamais (et puis ça serait trop tard de toute façon lol).

Je partais donc en Chine, bien sur, ma mère n'était pas trop d'accord, ou du moins ne m'a jamais exprimée une grande joie à l'idée que j'y parte pendant 3 mois : 3 Semaines à New York, m'entrainerait donc 3 mois en Chine, et même pas à Pékin ou Shanghaï ou Hong Kong, non Nanjing ! Une petite bourgade sans intérêt pour nous autres occidentaux : 8 millions d'habitants, une croissance de 15% par an, la première capitale de la République de Chine (en 1912).

Et franchement, en y repensant, partir en Chine alors que je ne savais ni me faire cuire un oeuf, ni cuisiner du riz, ni les pâtes, ne me semblait pas du tout anormal. J'avais je crois été dépassé par la réalité du projet. 

Je ne suis pas parti seul, je suis parti là bas avec quelqu'un qui est devenu un grand ami depuis et qui m'a vu jeter une pastèque d'un immeuble, vomir depuis la porte d'un taxi et tenter de parler chinois tout en ayant l'air professionnel. Nous savions dire quelques mots doux en chinois, quelques insultes aussi et nous savions compter jusqu'à mille. Ça devait suffire, d'autant qu'en tant qu'expatrié nous avions la Vie Royale. 

Nous avons voyagé, nous avons rigolé, nous nous sommes parfois moqués de ce Monde que nous ne comprenions pas et que nous ne comprendrons jamais sans doute, nous étions les fameux "barbares" comme les chinois aiment appeler les étrangers comme nous.

Mais nous on s'en foutait, on voulait découvrir, ramener le plus de souvenirs, et profiter, car quelque part nous savions que cette Vie là n'était pas compatible avec nos projets futurs et nous savions que ça n'allait pas durer.  C'était difficile aussi, c'était compliqué souvent et très effrayant, j'eu la sensation plus d'une fois de me retrouver sur une autre Planète, ou dans une autre dimension, tout est distorsion là bas : même le temps !

La Chine Millénaire nous rattrapait en même temps qu'elle se préparait à accueillir les Jeux Olympiques (nous étions en 2007), et l'Atelier du Monde, tel que nous la surnommions était effectivement très en avance sur le Monde. La technologie, les transports, les voitures, les immeubles récents, les buildings de plusieurs centaines de haut donnaient l'impression que la Partie Mondiale se jouerait bien là : la Chine était en train de s'éveiller, et nous assistions à sa reviviscence. Ironie du sort, je faisais mon stage dans l'outillage, pour un fournisseur d'un distributeur dont le siège est à... devinez : Saint Etienne !

Alors, surpris par les amitiés que nous nouions (il y a un jeu de mot très subtil dans cette phrase), (oui nous étions vraiment supris), en particulier avec notre maître de stage qui lui n'hésitait pas à se moquer de nous ; et à dire que nos enfants travailleront un jour dans des fast-food chinois et que ce jour on fera moins les malins (sic); nous décidions d'être à la hauteur et de devenir Brave. Nous inventions le concept de bravitude la même année que Ségolène Royal, et allions donc poser nos guêtres (oui j'emploie volontairement des mots qui peuvent laisser penser que j'ai 85 ans (en réalité je suis juste fan de Donald et Picsou qui ont des guêtres) sur la muraille de Chine. Monument dont tout le Monde sait qu'il n'est pas visible de l'espace, mais que l'on aime quand même spécifier ainsi, monument qui n'a pas empêché l'invasion redoutée (Prends ça dans ta face Trump), et qui tout d'un coup faisait de ce voyage une aventure bien plus rocambolesque et enrichissante. Nous allions pouvoir dire, qu'au moins nous avons vu cette foutue muraille !

1/1

Au retour de ce voyage, après avoir vécu parfois la discrimination inversée et appris la nécessité de la tolérance, j'étais décidé : j'assumerai partout où je serais qui je suis : et c'est ainsi que je fis mon coming-out, ou tout du moins que j'allais apprendre à sortir du placard définitivement (ou presque).

Cela a pris donc une année supplémentaire, je me suis fâché avec des amis d'enfance, avec quelques personnes de ma famille qui eurent des réactions scandaleuses, mais j'ai pu de fait trier et réaliser que si j'étais mal entouré, je ne l'étais pas totalement. Il y a eu beaucoup de pleurs, de maladresses, et des sourires, quelques bons conseils et quelques stigmatisation que j'allais apprendre au fil du temps à accepter.

J'ai pu rencontrer dès lors mon premier amour masculin et découvrir par la même occasion une famille qui deviendra par la suite "ma famille d'adoption alsacienne", j'en avais déjà une aux Etats-Unis, une en Chine, pourquoi pas à Strasbourg !

Pour une raison obscure, je suis parti à Clermont Ferrand ! Une année avant que la licence que j'allais faire, devienne par la suite "licence de commerce équitable". Cette année fut un calvaire :  homophobie, exclusion, perte de confiance, méprise de la part d'étudiant(e)s, moqueries, et puis j'étais de nouveau confronté à la nécessité de devoir tout recommencer. Mes amis, mon copain, me manquaient en Alsace. Je devais repartir ! Pour finir de m'en convaincre, je tentais tant bien que mal de postuler à des stages dans le commerce équitable, aucune réponse, seulement un conseil : pour être sur de pouvoir un jour travailler dans l'équitable il ne fallait pas seulement faire un master ou une licence, non il fallait faire une école de commerce... J'étais donc parti pour m'endetter pour 7 ans, mais lucidement, j'allais intégrer une école qui me donnera un diplôme universitaire et un diplôme d'école de commerce, à ce tarif, pourquoi se priver ? Tant qu'à faire, je décidais de repartir à Strasbourg.

Ma banque n'a jamais été aussi gentille avec moi, j'ai pu faire un emprunt sans aucune difficulté alors que je n'avais pas un sou de côté, mais, comme j'allais faire une école de commerce je serai forcément une vache à lait plus tard...

J'intégrais donc une école de commerce réputée, et j'allais faire partie de cette "élite de seconde zone", les premiers étant les étudiants de science pô, les ingénieurs et autres médecins, avocats, vétérinaires (autant de jobs que j'ai pu envisager à un moment de ma Vie : sauf médecin, je suis bien trop hypocondriaque pour cela.)

Comme je voulais marquer une différence et prouver que les étudiants en école de commerce étaient loin des clichés que l'on pouvait avoir, je décidais de lancer plusieurs projets cette année là, d'autant que j'étais, ironie du sort redevenu célibataire j'allais avoir du temps !

 

Ainsi, j'allais m'occuper de faire avec quelques étudiants un business plan pour une chaîne éco-conçue de bar-équitable, m'investissait dans une association locale régionale équitable et je portais une campagne sur le coton équitable. Pour en rajouter des fois que le message n'était pas bien compris j'allais faire mon mémoire sur ce sujet, puis partir en stage au Québec dans une coopérative équitable de coton. 

À mon retour, j'allais connaître l'Ile de France et Paris, mon premier appart, dans le cinquième, était une sous location à un responsable associatif homosexuel, je n'ai jamais eu autant peur de me contaminer que dans cet endroit : un rez de chaussé glauque, des toilettes même pas sur le palier mais dans la cage d'escalier, une eau froide constante et une eau chaude par intermittence, en bref, j'étais dans le quartier le plus emblématique de Paris, j'avais quand même une cheminée Art Déco, mais je n'étais ni chez moi, ni chez quelqu'un d'autre puisque c'était un bureau ! Je pouvais choper des choses dans mon frigo, tout en me lavant les pieds dans ma douche et en étant assis sur mon lit. C'était très cocoon !

Cette même année, je perdais coup sur coup, deux membres de ma famille, mon oncle et ma grand mère, dans la même quinzaine, lors de cet hiver qui restera comme un des plus tristes, si ce n'est le plus tourmenté de toute ma Vie. Quelques mois après j'allais être confronté pour la première fois au VIH, sans l'avoir, mais en étant persuadé pendant des mois que ce thème me hantera toute ma Vie. 

Après Paris, car il fallait bien que je connaisse la capitale de mon pays avant de repartir, une énième destination loinaine allait m'attendre : Le Pérou, autrement dénommée "La Péruvie ! Ce fut folklorique, formateur, et essentiel !

J'allais pouvoir enfoncer le clou, pensais-je, car j'irais voir les producteurs équitables dont on me parle tant et personne ne consterait plus mon expertise ! Hasard puisque je ne le savais pas, mais le Pérou était à ce moment là le premier pays exportateur de produits équitables...

Mon innocence était définitivement partie, la mort, le vih, la vie parisienne harassante (le RER principalement), la perte de certains liens familiaux, la galère financière pour partir, les amours compromis et de nouvelles déceptions me donnaient à la fois envie de tout redémarrer au Pérou pour mieux renaître, mais j'avais peur d'y rester. 

À peine arrivé, je subissais de plein fouet un tremblement de terre, puis des dizaines d'autres sans conséquences, (j'en avais connu un dans le passé au Québec) mais ceux-là étaient nullement comparables. Je me souviens de ce jour où je suis tombé dans mon appartement, quelle frayeur !

J'avais les yeux de ma grand mère avec moi, et tout d'un coup dans cette année qui avait plutôt mal démarrée, deux clichés venaient me donner un déclic :

Cette photo mérite une explication, si elle s'appelle "ma Grand Mère" c'est pour deux raisons : d'abord, car mon appareil photo est surnommé ainsi.

Deuxièment, car j'étais avec un groupe de français et d'étrangers, lorsque tout à coup, j'entendis une personne crier en péruvien "mon droit à l'image", je venais de réaliser que cette femme demandait aux étrangers impolis qui venaient de la prendre en photo d'être "payé" comme pour montrer qu'elle n'avait pas eu le droit au respect qui s'imposait. Elle n'était pas "un cliché sans consentement".

Je m'approchais d'elle, et alors que je tentais de discuter, je vis son visage, il étaitt tellement similaire dans les traits à ceux de ma grand-mère défunte, que je lui demandais si moi je pouvais la prendre en photo car je n'ai jamais pu prendre en photo avec cet appareil ma grand mère.

Surprise, elle accepta et me dit, que je n'avais pas à la payer, mais qu'en contre partie je devrais trinquer avec elle une sorte de jus de maïs hélas trop (ou pas assez) fermenté.

J'acceptais avec plaisir, sans savoir que j'allais être malade pendant 3 jours, une indigestion terrible, mais celle-ci, me permettait de m'éloigner de ce groupe avec lequel j'étais et d'appréhender mon voyage désormais solitairement, libre, de pouvoir rencontrer qui je voudrais et quiconque se présentera sur ma Route. Ce fut le point de départ de mon voyage intérieur au Pérou. 

Cette photo s'intitule : "Les Orphelins", j'ai pris cette photo à Lima, sans réaliser sur l'instant la spontanéité de ces ados que je n'étais plus et que je n'avais jamais été. Je pris conscience de la gravité de leur présence sur cette photo puisqu'ils tentaient de s'émanciper par la musique. 

Le Lima moderne me réserva de nombreux clichés, j'aurai l'occasion d'en publier dans les différentes catégories au fur et à mesure du tri de mes archives.

À partir de ces instants là, ma Vie bascula, et les dossiers, fichiers, images, photos, retouches, logiciels, disques durs, soucis informatiques, fichiers bruts, traités, archivés, découpés, best-off, à développer, à trier, envahissèrent littéralement mon quotidien et occupent de nombreux giga-octets. Plus de 11 000 fichiers d'archives et quelques disques externes dispersés ici et là, seront des occupations pour mes vieux jours (s'ils arrivent !).

Je ne pouvais imaginer découvrir une passion dans ma passion de l'équitable, d'ailleurs, si à ce moment là on m'avait dit que la même année où je fermais une association "média" équitable, puis ouvrirait un site de photos, je ne vous aurais sans doute guère pris au sérieux (j'aurai sans doute dit "vous vous foutez de ma gueule!). Je fis de multiples rencontres cette année là, j'appris l'histoire différemment, je validais une année universitaire à l'étranger et je découvrais en parallèle le monde gay caché de Lima, que j'ai adoré, tout autant que découvrir l'immense culture péruvienne Millénaire elle aussi.

La suite, vous la connaissez ou presque, armé d'un diplôme, d'une formation en entrepreneuriat et d'un appareil photo, j'allais lançer un produit équitable militant pour le mariage pour tous, une exposition photo et devenir commercial dans une entreprise équitable. 

Quelques temps après, je devenais militant LGBT totalement investi, la promesse d'Hollande sur le mariage, fut contestée et j'eu l'impression qu'à peine rentré au pays, j'étais déjà le non-bienvenu, des hordes d'homophobes défilèrent (ou nous laissèrent cette impression), sans qu'à aucun moment mes "amis" hétéros ne se sentirent concernés par ce que l'on traversait. Je devenais adulte sans m'en rendre compte, je découvrais l'égoisme de bon nombre de personnes et le manque de courage d'une grande partie de mes connaissances. Personne ou si peu n'osaient manifester avec nous.

la fête fut gachée et depuis cette époque là, la France a du mal et a encaissé par la suite de nombreux coups, ça vous le savez tout aussi bien que moi. 

Alors même que je candidatais dans des dizaines d'ONG, pensant que mon profil plairait, je ne recevais aucune réponse, ni même un non ou un "casse toi pov' con", j'étais déçu mais pas résigné. J'allais me battre et je fis le forcing pour devenir barman dans une boîte de nuit gay attypique. Un fantasme allait se réaliser. 

Je découvrais, un esprit de communauté, parfois embarrassant, mais bien souvent nécessaire pour pouvoir avoir "ce luxe" de vivre comme on le désire, de connaître des gens qui ont vécu la même chose que soi-même.

Comme barman, je connu la méprise et la violence de classe, je vis aussi des visages que j'avais déjà vu dans le monde de l'équitable, mais qui étaient sagement restés dans le placard, on ne sait jamais dès fois que ça "ferait tâche" de s'assumer. Ce fut à la fois drôle et pathétique et je me sens totalement libéré d'avoir pu réaliser à quel point leur faiblesse à eux a pu me porter préjudice.

Grâce à ce job, je pu changer d'appart, de là où je vous écris aujourd'hui, même si j'ai franchi le périph' et que je râle et que parfois j'en pleure, je dois ma présence à Paris car j'ai été Barman, pas grâce à mon diplôme ou mon militantisme. Ce fut d'ailleurs le seul CDI de ma Vie. J'ai pu nouer certaines amitiés et par ricochet également rencontrer des personnes qui partagent ma Vie aujourd'hui.

J'ai vécu la petite histoire du petit mec de province qui monte à Paris et qui devient Barman et s'amuse, mais je n'oubliais pas mes engagements militants pour autant. À la question "étais-je une reine de la nuit" je dois répondre que non, car je ne prenais pas un grand plaisir à "servir", mais je faisais avec. La Boétie était dans mes pensées quotidiennement.

Et puis un jour, alors que je venais de trouver un deuxième job, celui de vendeur de petites culottes pour mec à distance, je décidais de tout arrêter, je quittais donc ces deux jobs pour me consacrer entièrement à ma Vie associative tout en candidatant pour pouvoir faire mon doctorat. 

Comme je donnais des cours à côté, j'avais la possibilité de pouvoir anticiper un peu, mais je connu la galère des mois où 50 euros signifiait beaucoup de choses. Je fus trahis là aussi et de manière incroyable, (décidemment !) mais je décidais de m'en relever et de continuer à me battre, ce que je fais encore aujourd'hui. Heureusement, ces trahisons étaient souvent compensées par de belles rencontres.

Par la suite, j'eu la chance de découvrir l'ambiance d'un forum social mondial puis d'aller en Palestine et en Israël,constater qu'il ne pouvait pas y avoir une solution pour les uns ou pour les autres, mais bien pour tout le Monde, dans ce qui est, selon moi, le plus grave conflit que nous connaissons, c'est le feu que nous devons éteindre au plus tôt. La situation n'est ni vivable à gauche, ni à droite, même si, je le concède elle peut paraître au premier abord plus confortable d'un côté que de l'autre, mais ça serait totalement mépriser l'histoire de s'arrêter à cette conception là.

Entre temps, ma thèse allait démarrer, le financement était trouvé, l'organisation d'accueil aussi, le sujet à peu près, la discipline changera dix fois.

Depuis janvier 2015, je fais partie de ces personnes, qui subissent de plein fouet les attentats : pour en rajouter, même quand je tente de m'éloigner de la région parisienne, je me retrouve de nouveau confronté à ces attentats ; ce fut le cas encore cet été à Nice:  et cette atmosphère pesante, je l'espère, finira bien un jour. 

En un an de thèse, j'ai appris beaucoup, j'ai découvert des tas de choses et j'ai redécouvert bon nombre d'autres, j'ai réalisé une introspection qui me permet de reconnaître qu'on ne peut pas toujours vouloir "bien faire", qu'on doit penser un peu à soi, et que notre regard peut évoluer très rapidement.

J'ai surtout compris, que tous les sujets que je tente de traiter devraient déjà être réglés depuis au moins 50 ans, si le job avait été fait correctement et si certain(e)s ne s'étaient pas assis(e)s sur notre pays universel et l'avaient bradé au premier venu. 

Notre avenir commun me semble logique, il sera beau, bon et bienveillant car nous ne pouvons pas ne pas être à la hauteur des défis qui s'imposent à nous. Ainsi, j'ai l'intime conviction que peu importe la manière, artistique, académique, politique ou autre, nous pouvons déjà agir, changer des choses peut-être pas, les faire évoluer certainement : que l'ère de la Civilisation arrive.

Nous sommes à l'aube d'un nouveau courant, d'une nouvelle étape digne, riche et merveilleuse, une réalisation unique de nos générations qui ont aujourd'hui tout les moyens pour changer le cours de l'Histoire, rendre le présent plus juste et permettre un avenir durable, écologique, progressiste, social et prospère à tous nos descendants. La vérité triomphera.

Nous allons connaître la fondation de la première ville extra-terrestre, une refonte de l'énergie, un développement de nos capacités cognitives et une période de Paix, guérir les cancers, vaincre le vih, la pauvreté, la misère sociale et mettre fin à l'idiocratie et à la médiocratie. Avant cela bien sur, nous aurons de nombreuses étapes à passer et nous n'en sommes qu'au début, il nous faut désormais une Vision commune.

Comme le disait Thoreau : il est temps, si vous avez construit des châteaux dans le ciel, votre travail mérite de ne pas être perdu, maintenant construisez-en les fondations.

Fondamentalement, c'est que nous devrions faire,

Merci d'avoir lu jusqu'au bout.

Amicalement,

Didier